Aux printemps 2012/2014

© Une indiscrétion

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Cette année, l’arrivée du printemps m’a rappelé mon voyage aux États-Unis effectué à la même période en 2012. En retournant farfouiller parmi les photos prises alors, j’ai retrouvé des similitudes avec des moments capturés ici, des ambiances, des couleurs.

A San Francisco, le 29 mars, je me souviens avoir sauté du Cable car au sommet de la célèbre rue “Lombard Street”. Comme la plupart des touristes sur place, je suis descendue le long du tracé en zigzague, sans pour autant louer le taxi limousine pour immortaliser ce moment, mais ai obliqué direction le Golden Gate. La topographie non représentée sur ma carte m’avait amenée après plusieurs kilomètres de marche au Parc El Presidio où j’ai tournée en rond avant de me rediriger sur le Golden Gate, occasionnant alors des efforts supplémentaires à mes mollets. La journée était grise, le vent claquait les vestes des joggeurs le long de la baie alors que je marchais en direction du pont. Je me rappelle avoir acheté un chocolat chaud à la cannelle dans un point d’information touristique pour contrer les effets du froid. Le sentier menant au pont était bordé de marécages dans lesquels se nourrissaient des échassiers. Un colibri mâle (j’avais observé une femelle quelques jours auparavant et savais ainsi les identifier) se tenait sur le sommet d’une barrière et mon appareil photo a capturé ses plumes ébouriffées par le vent. Je me rappelle des photos du Golden Gate prises depuis ce sentier, la couleur anthracite de la baie et du ciel qui se rejoignaient en une brume épaisse sur les deux tours du pont. Après avoir immortalisé ce monument phare pont de San Francisco, j’avais sauté dans un bus en direction du Parc Golden Gate, qui comme son nom ne l’indique pas n’est pas adjacent au pont… En déambulant dans cet énorme méandre de jardins, forêts et étangs, j’avais atterri dans la partie japonaise dans laquelle se trouvait cette pagode prise à travers les cerisiers en fleur.

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Le 9 avril, je démarrais mon séjour dans le Montana par des journées de désherbage intensives, coup de soleil et courbatures compris. A Arlee, devant leur maison en bois, Bryce et Rebecca, chez qui je vivais, avaient construit un jardin en pierre sèche de présentation dans lequel poussaient les fleurs typiques de la région qu’ils s’efforçaient de cultiver. Chaque fleur qui poussait sur leur terrain provenait de graines qui avaient été précieusement cueillies sur des plantes sauvages de la région au cours de leurs randonnées. Lors de mes pauses, je prenais en photo les différentes fleurs qui commençaient tout juste à sortir, le printemps arrivant plus tard dans le Montana. Au cours de mon séjour, le nombre de plantes en fleur que j’ai observées peut se compter sur les doigts des deux mains. Bryce et Rebecca me décrivaient qu’en mai, les lignes de verdures que je désherbais à la main se métamorphoseraient en une explosion de couleurs.

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Le dimanche 22 avril, Bryce m’emmenait en randonnée au-dessus de la rivière Flathead. L’air était chaud et faisait miroiter les collines douces là où le regard se perdait. La géographie particulière de ce lieu m’a marquée et mon esprit vaque encore par monts et par vaux dans cette région. Les collines étaient recouvertes d’une herbe dense et dorée comme les cheveux courts d’un garçon. Elles dévoilaient sur leurs versants ensoleillés, des bouquets de balsamroot éclatants. En contrebas, on pouvait apercevoir la rivière, ruban turquoise qui divaguait au fond de la vallée, réservant dans son lit des îles naturelles. J’imaginais des ours trapus dissimulés par les saules, à l’affût des poissons. La bombe anti-ours dans notre sac à dos me semblait bien inutile sur les contreforts de ces collines rases. Dersu le chien avait poursuivi l’odeur d’un coyote dont nous avions vu filer la silhouette au loin. Nous l’avions retrouvé la langue pendante dans une dépression piétinée par les bovins, remplie d’une eau boueuse. De retour vers la voiture, on découvrit des corrals abandonnés, aux palissades rouillées. Les oiseaux avaient pris possession des lieux. En rentrant, nous avions fait un détour pour que je puisse voir des dessins indiens gravés dans une paroi de roche rouge. En longeant la rivière en voiture, des balbuzards au regard inquisiteur nous observaient depuis leurs nids perchés sur les poteaux téléphoniques.

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4 thoughts on “Aux printemps 2012/2014

  1. Comme d’hab, j’aime ta prose, tes souvenirs…ils me ramènent aussi 2 ans en arrière où je suivais ton aventure par mails…c’est loin, c’est près… ce sont les instants passés qui reprennent vie dans les instants présents…subtils parfums qui ravivent la mémoire.
    A propos…les cheveux courts de quel garçon ? Hihihi

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