Dans ma bibliothèque (2016)

 

© Une indiscrétion

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Après avoir constaté avec regret que je ne gardais pas de souvenir de toutes les lectures et romans de mon enfance, adolescence et vie adulte, je me suis mise à consigner ces titres dans un petit carnet depuis 3 ans (rétrospectives de 2014 et 2015 à relire). Lorsque je pense à tout ce que j’ai dévoré, j’ai quelques flashs de livres qui s’impriment dans mon cerveau. De façon un peu confuse, je me rappelle d’une histoire pour enfant, celle d’une petite fille qui devait porter des lunettes et pour qui le meilleur moment de la journée était de les ôter et de rêver en flou où son imaginaire myope pouvait réinterpréter le monde. A l’adolescence, j’avais été marquée par des romans de Sharon Maas, dont les intrigues avaient pour place l’Inde, et je garde le goût et la couleur de ses histoires derrière la rétine. En 2015, perdue entre les échoppes de Chandni Chowk Market à Delhi, je pouvais sentir à quel point les descriptions de l’Inde de Sharon Maas résonnaient encore à mon esprit et avec ce que je découvrais sur place. Sans doute que ces romans n’auraient plus du tout le même impact si je les lisais aujourd’hui. Et si je sais que je ne relirai sans doute jamais certains de mes livres préférés, dans une tentative de garder l’expérience intacte, je ne peux me résoudre à m’en séparer. A quelques jours d’un déménagement et du tri qui s’impose, ma bibliothèque n’allègera sans doute pas ses rayons.

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Mon obsession pour la littérature américaine, si elle s’est renforcée ces dernières années, remonte au roman de Nicholas Evans, L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, lu au seuil de l’adolescence, et de quelques collections d’aventures amérindiennes de ma bibliothèque d’enfant. Ce long cheminement à travers la littérature américaine, j’ai pu l’élargir grâce au magnifique ouvrage de Jean-Luc Bertini et d’Alexandre Thiltges: Amérique, des écrivains en liberté. Photographe et essayiste, ils ont sillonné plus de 40’000 kilomètres sur les routes des États-Unis pour visiter les grands écrivains emblématiques d’une littérature américaine contemporaine. Le résultat est un ouvrage intime ouvrant des fenêtres sur le quotidien d’écrivains, sur leurs rituels, leurs liens avec les territoires auxquels leurs romans font référence, dans lesquels ils prennent racine et desquels s’élèvent les voix de leur héros ou anti-héros. Photographies et témoignages permettent de mieux connaître ces écrivains dont les romans reposent sur mes étagères, en entendant leur voix à travers les personnages et les paysages qu’ils décrivent. Écoutez leur interview datant de novembre passé sur la Première.

Livingston, Montana

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Les romans de 2016 prennent place, sans surprise en Amérique, pas que, mais presque :) . Au gymnase, en apprentissage d’espagnol, j’avais découvert Isabel Allende et c’est avec surprise que je l’ai retrouvée l’année dernière avec L’île sous la mer, sans aucun souvenir d’avoir acheté cet ouvrage. C’est avec peine que je me suis motivée à le commencer, sans regret ensuite, pour une plongée dans l’histoire mouvementé de Saint-Domingue au temps de la révolution française qui mènera ses protagonistes jusqu’en Louisiane, ses champs de canne à sucre et à l’émancipation des esclaves…

roadtrip, usa, souvenirs, récit, voyage, amerique

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En visitant la Géorgie et la Caroline du Sud cet automne, le récit d’Allende résonnait également avec l’Histoire de ces territoires liés intimement à l’esclavage, à son abolition, à la guerre de sécession, époque durant laquelle prennent place les romans L’oiseau du bon dieu et Neverhome.

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Je recommande tout particulièrement La Constellation du chien, un roman rude aux confins de l’humanité, aux personnages rugueux. Après une lecture plutôt déçue du Pique-nique des orphelins de Louise Erdrich, pourtant une écrivaine phare de ma bibliothèque, son roman LaRose s’est révélé une lecture bouleversante, dans la plus pure tradition d’Erdrich de mêler racines amérindiennes et drames contemporains. Ma vie dans les Appalaches, recueil autobiographique de Thomas Rain Crowe en Caroline du Nord m’a replongé dans les paysages traversés cet automne, dans un hommage moderne à Thoreau et Walden ou la vie dans les bois. Enfin, le dernier livre de Jim Harrison, décédé l’année dernière, récit autobiographique à la troisième personne, sans fard, qui apporte un éclairage supplémentaire sur ce monstre de la littérature américaine moderne, complémentaire aux deux chapitres que Thiltges et Bertini lui consacre dans Amérique: des écrivains en liberté.

La constellation du chien, Peter Heller ♥

Popcorn Melody, Emilie de Turckheim

Neverhome, Laird Hunt

L’île sous la mer, Isabel Allende ♥

La maison de Noé, Marilynne Robinson

The heart is a lonely hunter, Carson McCullers

Le pique-nique des orphelins, Louise Erdrich

Sukkwan Island, David Vann

L’oiseau du bon dieu, James McBride

Le journal des cinq saisons, Rick Bass

Le gang de la clef à la molette, Edward Abbey

LaRose, Louise Erdrich ♥

Ma vie dans les Appalaches, Thomas Rain Crowe ♥

City on fire, Garth Risk Hallberg

Mon chien stupide, John Fante

La tête hors de l’eau, Dan Fante

Le vieux saltimbanque, Jim Harrison

Les étoiles s’éteignent à l’aube, Richard Wagamese

America Lonely, Thomas Bouvier

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  1. Pingback: Dans une cabane de trappeur |

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